Coopérative pédagogique

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 Notes d'exposé

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Mathieu Kessler
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Nombre de messages : 954
Localisation : Chartres
Date d'inscription : 13/09/2004

MessageSujet: Notes d'exposé   Mar 7 Déc à 0:50

Notes d'exposé par Gaëlle (groupe H) qui m'a transmis une disquette à mettre en ligne sur ce forum :

Citation :
La loi d’Orientation pour l’école élémentaire de 1990 dans son souci de mettre l’enfant au cœur des apprentissages, recommande vivement « une organisation de la classe en groupe ».Pourtant le cours magistral règne massivement sur l’école par rapport aux autres méthodes d’enseignement.
On peut donc se demander si apprendre et se former en groupe conduit véritablement à un apprentissage cognitif ? Comment le travail en groupe peut-il aider nos élèves à penser ; comment peut-il être un lieu et un moyen d’apprentissage ?
D’autre part, on peut s’interroger sur la mise en œuvre de l’apprentissage coopératif. Comment initier nos élèves au travail en groupe ? Comment, pratiquement l’organiser ? Comment évaluer le travail des élèves ? Quelle est la place de l’enseignante ? Quelles sont les erreurs à éviter ?
Nous verrons dans une première partie pourquoi travailler en groupe et dans une seconde partie nous intéresserons à sa mise en application.




1 Pourquoi travailler en groupe ?

1.1 Développement d’habiletés cognitives

Le travail interactif est un moteur efficace pour apprendre vraiment. Pour Piaget l’intelligence ne se forge que dans son dialogue, dans son affrontement avec d’autres esprits. Il parle de conflit socio-cognitif.
En effet, une réalisation commune en petits groupes amène les élèves à confronter entre eux leurs connaissances, à expliquer, à argumenter. Cela amène parfois l’élève à réajuster son jugement, en l’obligeant à voir les choses sous un autre angle que le sien. Piaget parle de décentration corrective. Le travail coopératif permet au sujet de prendre en considération divers point de vue sur ses propos et sur ses actes pour pouvoir les modifier en conséquence.
De plus, en argumentant le bien fondé de sa position chacun est amené à effectuer un raisonnement, à tirer des conclusions et donc à déduire devant ses interlocuteurs.
Le travail de groupe est aussi un moyen d’apprentissage à la pensée inductive.
L’induction consiste à élaborer une idée générale ou un principe à partir de données particulières. Par exemple si je vous dis que le fer, l’aluminium, l’argent, le plomb sont des conducteurs, vous en induisez que les métaux sont des conducteurs.
Pour amener les élèves à avoir une pensée inductive on peut utiliser le travail coopératif. Pour cela on donne à chaque personne du groupe une donnée particulière qu’il devra analyser individuellement. Puis on leur demande de se mettre en groupe et de faire un tour de table systématique des hypothèses des un et des autres pour faire apparaître le « général » à partir du particulier. L’induction sera facilité du fait que le projet proposé au groupe impose la confrontation des apports et sollicite chacun pour qu’il dépasse l’exemple qu’il vient d’étudier.
En outre, le travail de groupe permet l’apprentissage de la pensée dialectique : c'est-à-dire la mise en relation des idées. Michel Barlow nous donne l’exemple des philosophes tel que Platon capable de dialoguer avec eux-mêmes et de confronter les idées. Mais cette faculté de dédoublement n’est pas donnée à tout le monde. C’est pourquoi le travail collectif est nécessaire. En effet, il est plus facile à plusieurs de faire dialoguer les idées entre-elles, de les entrechoquer, de les opposées et d’analyser la nature de toutes ses relations.
D’autre part, le groupe est un vecteur d’apprentissage à la pensée créatrice. C'est-à-dire être capable de se dégager de ses habitudes mentales et opérer des agencements inattendus. Le groupe apporte de l’aide à chacun pour développer sa créativité, car il constitue une multitude de point de vue. On parle de brainstorming (ou tempête de cerveau) qui est la recherche en groupe et en toute liberté d’un maximum d'idées sur un sujet donné ou l'invention de solutions pour résoudre un problème.

1.2 Développement d’habiletés sociales et de savoirs être

Les élèves apprennent à parler en groupe. D’une part, ils apprennent à attendre leur tour et à pratiquer une écoute attentive. D’autre part, ils s’entraînent à s’exprimer devant un groupe. En effet, il est plus facile de s’exprimer devant un petit groupe que devant la classe entière.
Ils apprennent à respecter la parole de l’autre mais aussi son opinion. Ils s’exercent à rester maître d’eux-mêmes et à exprimer poliment leur désaccord.

Enfin, on constate que ce mode d’activité lorsqu’il est organisé à l’école, motive les élèves au point de leur faire choisir le travail d’équipe en tête de toutes les réponses à la question « Comment selon vous, améliorer l’intérêt et l’efficacité de votre travail scolaire ? » (Enquête réalisée par SOFRES en novembre 1996)
Le travail en groupe rend les élèves acteurs de leurs apprentissages, ce qui favorise la mémorisation et la compréhension. C’est aussi un moyen efficace pour accéder à l’autonomie et à la responsabilité.




Nous l’avons donc vu le travail de groupe développe de nombreuses habiletés. Pourtant il n’en est pas moins nécessaire de guider les élèves dans le développement de ses habiletés, car nombreux sont ceux qui n’ont qu’une expérience limitée du travail en équipe.
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Mathieu Kessler
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MessageSujet: Re: Notes d'exposé   Mar 7 Déc à 0:51

Citation :
II - Comment organiser concrètement le travail en groupe des élèves ?

2.1 Les groupements d’élèves

L’enseignant compose les groupes en fonction de l’objectif qu’il se donne :
w Remédiation : groupes de besoin
w Régulation : groupes par affinité
On espère des échanges plus fructueux entre eux. Les élèves peuvent appartenir à des classes de même niveau ou de niveaux différents.

a) Groupes fondés sur l’aléatoire
Le hasard décide du regroupement. Il diversifie les possibilités de rencontres et donc les richesses du groupe mais il comporte le risque de l’antipathie, des blocages nuisibles à l’avancée du travail.

w Groupes fondés sur la proximité
Inviter les élèves à se joindre aux camarades qui se trouvent près d’eux dans la classe. Cela évite des remue-ménage.

w Groupes spontanés
Occasion de collaborer avec tout le monde. Efficace en début d’année car c’est le moment de faire connaissance. Personne ne se sent exclu car personne n’est choisi par les autres.

w Groupes hétérogènes
Habituer les élèves à travailler avec des personnes différentes (sexe, race, culture, capacités et intérêts…)

è Répartir les élèves leur permet d’apprendre avec les autres. C’est dans les groupes hétérogènes que les élèves apprennent le mieux sur le plan scolaire et social. Ces groupes fondés sur la diversité des capacités permettent :
w au plus doués de jouer le rôle de tuteur vers les plus démunis en leur expliquant, et de ce fait, les plus doués assimilent davantage.
w au moins doués d’imiter les stratégies d’apprentissage afin de les assimiler.

b) Groupes imposés par l’enseignant en fonction de différents critères
w Groupes de caractéristiques apparentes
Ÿ même âge
Ÿ même sexe
Ÿ même acuité visuelle ou capacité auditive
Ÿ même origine socioculturelle
Ÿ même quartier d’habitation
Ÿ même école d’origine

w Groupes de profils caractériologiques
Il peut être utile de regrouper des élèves selon des ressemblances de caractère ou de tempérament :
Ÿ de grande « primarité » (rapidité de réaction)
Ÿ de forte « secondarité » (avec délai de réaction et de réflexion)
Ÿ de grande « activité » ( besoin de bouger et de produire)
Ÿ de grande capacité imaginative
Ÿ de même émotivité
Ÿ de mêmes goûts artistiques
Ÿ de mêmes difficultés caractérielles
Ÿ de mêmes résistances physiques
Ÿ de complémentarité naturelle de leurs tempéraments
Ÿ de mêmes caractéristiques morphologiques

w Groupes composés après résultats à des tests ou après observation :
Des tests différenciateurs peuvent être appliqués pour distinguer des groupes d’élèves, à partir de :
Ÿ la vitesse ou la qualité des performances (en lecture, en calcul…)
Ÿ les connaissances de certaines bases et de certains savoirs
Ÿ les capacités d’attention et d’application
Ÿ les aptitudes à l’abstraction et au raisonnement logique
Ÿ les aptitudes sensori-motrices et concrètes
Ÿ les motivations au travail scolaire
Ÿ les capacités d’autonomie et de responsabilité
Ÿ les choix sociométriques (possibilités accrues de travailler en équipe avec certains camarades plutôt qu’avec d’autres)
Ÿ les représentations des disciplines et les capacités d’adaptation
Ÿ la maturité des réflexions

c) Groupes composés après choix des élèves ou groupes de besoins :
Des travaux différenciés peuvent être proposés à des élèves de diverses classes. Ceux-ci peuvent être groupés selon leurs propres choix, soutenus ou rectifiés par l’intervention des enseignants. Les choix peuvent porter sur :
Ÿ un même contenu, documents, matériel selon des exigences de niveau différencié
Ÿ des contenus différents explicitant une même situation ou une même problématique
Ÿ un objectif commun de production à atteindre, mais par le raccordement de travaux de difficultés variées
Ÿ des objectifs de difficultés différentes, progressives ou non, mais à atteindre dans les mêmes délais, en demandant des efforts de travail équivalents
Ÿ des objectifs semblables, mais à atteindre dans des délais et avec des rythmes différenciés, suivant un contrat
Ÿ des objectifs et des tâches semblables, mais poursuivis avec l’aide d’un encadrement professoral différencié, en plus ou moins petits groupes
Ÿ des parcours différenciés (comprenant ou non l’atteinte objectifs intermédiaires ou de détours de simplification, ou de progressions d’exigences)

è Les élèves se groupent en fonction de leurs liens d’amitié ou en fonction de leurs intérêts.
w Les groupes fondés sur l’amitié se font avec enthousiasme mais peuvent présenter des inconvénients : ne pas profiter de la diversité des autres, nouveaux et timides exclus...
w Les groupes fondés sur les intérêts sont bénéfiques si les intérêts sont partagés afin de former des groupes égaux.

2.2 Les différents rôles et fonctions dans le groupe

Définition de rôle : fonction déterminée qu’un individu est appelé à exercer dans le groupe, de façon permanente ou provisoire. Les différents rôles sont :
w un leader : élément pilote. Il dirige et lance des interventions dans toutes les directions. Il peut être une personne-ressource due à sa compétence dans un domaine. Il peut être aussi moniteur, guidant le groupe dans la pratique.
w un vérificateur : il répète les consignes, corrige les demandes. Il peut être aussi secrétaire en notant le contenu de la séance.
w un quêteur : il demande aux autres, il pose des questions au groupe pour faire avancer la réflexion
w un indépendant : peu communicatif, il se trouve en retrait par rapport aux autres, simple participant.

è S’il est prévu de présenter aux autres un compte rendu du travail mené en équipe, il faut prévoir un ou plusieurs rapporteurs.

On peut distinguer quelques fonctions internes au groupe :
w la production d’idées
w la facilitation des échanges entre les personnes (choix d’une méthode de travail, la clarification des propos émis, la stimulation des échanges)
w la régulation de la vie affective du groupe (assurer le bien-être de chacun, éviter les blocages)

2.3Le rôle du professeur

w introducteur : avant la mise en route du travail de groupe, il précise les objectifs à atteindre, les consignes, la mise à disposition du matériel, précise à la constitution des groupes …
w gardien du temps et du rythme du travail
w observateur de la tâche et de la méthode
w arbitre du respect des consignes
w observateur et modérateur de la vie affective du groupe
w personne-ressource sur la méthode et la tâche
w évaluer le travail des élèves

2.4 Evaluation

Que peut-on évaluer : l’apprentissage scolaire, les habiletés sociales ou les deux ? En apprentissage coopératif, l’évaluation a pour but de recueillir de l’information sur la compréhension, de motiver les élèves à travailler en vue d’atteindre l’objectif collectif ou encore d’orienter l’enseignant. L’évaluation doit porter sur l’assimilation de la matière et sur les habiletés cognitives et sociales. Au début de chaque module, il faudrait établir les critères et la procédure d’évaluation afin d’éviter tout malentendu.
La réflexion désigne l’analyse que les élèves ou les groupes font de leur apprentissage en vue de l’évaluation. Les élèves déterminent dans quelle mesure ils se sont bien acquittés de leur tâche, individuellement ou collectivement. La réflexion peut porter sur l’assimilation de la matière, l’utilisation des habiletés cognitives et sociales. La réflexion joue un rôle essentiel en apprentissage coopératif, car elle apprend aux membres du groupe à travailler ensemble de façon efficace.

2.5 Facteurs de cohésion ou éclatement du groupe

Premièrement, le fait de laisser les élèves se grouper seuls, risque d’entraîner une dérive économique. Les élèves vont avoir tendance à se grouper par niveaux homogènes excluant ainsi les plus faibles (ils en ont tout du moins la possibilité) et ceci pour produire le travail demandé. Le côté « qualité de production » l’emporte alors sur celui de l’apprentissage. Dans ce cas, aucun apprentissage ne sera fait et on assistera d’avantage à un perfectionnement individuel qu’à un échange de connaissances. Cela sous-entend qu’il faut, selon Philippe Meirieu, qu’un groupe soit hétérogène si l’on veut qu’il y ait un apprentissage mais aussi que la qualité du produit fini ne soit pas la source directe de l’évaluation.
Deuxièmement, le groupe peut devenir un lieu de retrouvaille entre amis, de ce fait on risque de voir le simple fait « d’être bien ensemble » se substituer à la tâche à accomplir. Il parlera alors de dérive fusionnelle.

Phillippe Meirieu propose le concept de « groupe d’apprentissage » qui serait une solution face à ses deux dérives. Pour que le groupe d’apprentissage soit un lieu d’acquisition :
- La tâche doit être suffisamment complexe afin de ne pouvoir être accomplie que par tous les membres du groupe.
-Il faut que chaque individu entre à, un moment ou un autre en confrontation avec autrui.


D’autre part,une structure compétitive pourra susciter des sentiments d’aliénation, d’impuissance et d’incompétence pour les moins doués et une expérience coopérative fera naître des sentiments d’intégration, d’habilitation et de compétence
w compétition : il y a interdépendance négative quand le succès de l’un réduit les chances de succès de l’autre. Il est essentiel de former des groupes de force égale afin de persuader les élèves que la compétition entre les groupes est équitable.
w coopération : il y a interdépendance positive entre les groupes quand le succès de l’un augmente les chances de succès de l’autre. Cela peut être une source d’encouragement entre pairs (monter une pièce, un spectacle ensemble : se charger chacun d’un aspect du projet puis de compiler leurs résultats).




Conclusion :
Plus on augmente la variété, l’hétérogénéité d’un système, plus ce système sera capable de performances plus grandes du point de vue de ses possibilités de régulation, donc d’autonomie.
Les activités de groupe permettent de créer un esprit de classe et un esprit d’équipe pour éliminer les obstacles sociaux et psychologiques à l’apprentissage. Elles aident les élèves à acquérir l’assurance et la confiance nécessaires pour explorer de nouvelles idées, relever des défis et poursuivre leurs objectifs. Pour garder la cohésion des groupes, il est nécessaire d’établir un climat propice à l’apprentissage, à la coopération ainsi qu’au respect de soi et des autres. Chaque élève reçoit beaucoup du groupe et lui apporte ses propres richesses. Mais c’est aussi pour soi-même qu’il est bénéfique d’avoir à raisonner à haute voix, formuler à autrui ses intentions, ses hypothèses… Le dialogue, l’échange avec autrui, l’écoute, l’affrontement des points de vue opposé au sien… se révèlent formateurs pour la construction de sa personne.
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