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 les punitions (notes pour un exposé)

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cécile.d



Nombre de messages : 4
Date d'inscription : 21/09/2004

MessageSujet: les punitions (notes pour un exposé)   Mar 5 Avr à 22:04

LES PUNITIONS : SENS, VALEUR, USAGE ET BUT


Aborder la question de la sanction peut apparaître comme un sujet tabou. En effet, punir peut, dans l’esprit de certains, s’apparenter à une pratique honteuse marquant un déficit relationnel enseignant-élèves, un manque de professionnalisme ou un échec éducatif. Ajoutons que l’enseignant a parfois des difficultés à punir un élève car il craint de rompre le climat de bonne entente qu’il s’ingénie à instaurer dès le début de l’année scolaire. Néanmoins, il n’existe pas d’éducation sans sanction car elle permet entre autre de responsabiliser un sujet au sein d’un groupe social.

Définition sanction : « réaction prévisible d’une personne juridiquement responsable, ou d’une instance légitime, à un comportement qui porte atteinte aux normes, aux valeurs ou aux personnes d’un groupe constitué » Eirick Prairat.

I- Bref historique

- l’espace scolaire va subir une lente pacification. Mouvement qui n’est ni homogène géographiquement, ni uniforme dans le temps
- au moyen age, on ne condamne pas la correction physique et les humanistes préconisent les vertus apaisantes de la trique si elle est utilisée sans abus ni recours systématique comme stratégie pédagogique
- 1550 – 1800 : le temps de la rationalisation :
Pendant la Renaissance, l’école apparaît comme un lieu brutal avec des méthodes expéditives. Néanmoins, on trouve dans les écrits un appel à une relative modération (graduation des peines, châtiments corporels réglementés, possibilité de rachat par le pardon, sanctions justes et charitables)
Durant cette période, on privilégiera pour frapper, l’instrument aux mains nues (trop familier). Le maître donne une image de lui impassible, châtiant avec calme, s’effaçant de l’exercice même de la sanction
La faveur est donné à la loi du talion qui fait correspondre symboliquement la nature de la faute avec la sanction. Ainsi, le punisseur s’éclipse puisque la sanction découle de la faute. L’élève peut deviner la punition qui le guette. Dans cette perspective, les établissements affichent des listes de sanction, des barèmes de peines renvoyant à des listes de motifs coupables. 3 comportements répréhensibles : paresse, insubordination, atteintes aux mœurs
- 1800 – 1960 : le temps de la libéralisation :
Le corps est investi de manière moins physique et moins brutal. On utilise ainsi la prison, petit local destiné à isoler les élèves turbulents. Des formes variées de mise à l’écart se développent. On expose également l’élève à l’humiliation et au déshonneur public : bonnet d’âne.
Certaines pratiques s’inspiraient très largement des procédures judiciaires de référence : sanction par un jury d’élèves réunis par le directeur
Notons que le courant hygiéniste de la seconde moitié du XIXe dénonce les dangers de certaines formes punitives pour la santé des enfants
Le nouveau modèle pédagogique : la sanction n’est plus envisagée dans une perspective normalisatrice mais dans le souci de faire comprendre à l’élève que la transgression est une rupture de contrat. La faute est moins un acte de désobéissance qu’une violation du lien de solidarité. La sanction permet de faire supporter au coupable les conséquences sociales de ses actes

>> Cette évolution a fortement été influencée par les représentations que l’on avait de l’enfant :
Ø un être tordu, marqué par le péché originel et une sauvagerie native
Ø un être prometteur, riche d’une humanité à venir
De ce fait, la conception de la punition a évolué du domaine médical vers un domaine plus juridique, la punition étant à l’intellect ce que le médicament est au corps

- 1960 – 2000 : le temps des doutes :
La légitimité de l’acte de punir se trouve remise en cause :
Ø Les procédures sont disparates d’un établissement à l’autre
Ø Montée des actes d’indiscipline et de violence
Ø Recours fréquent à l’exclusion et à des sanctions illégales
Ø Conflit parents / institution


II- Typologie des punitions

Il existe 4 types de punitions

- La punition expiation
C’est la punition par la chair. La souffrance est alors le signe patent du repentir.
Un point capital caractérise la punition sanction : elle ne répare en aucun cas la faute. C’est un anti épicurisme.


Désavantages :
-elle est brutale
-elle est trop connotée moralement
-un peu démodée
-interdite


Avantages :
-rapide
-confère un rôle social à chacun entre le puni et le punisseur
-fait apparaître le bien ou le juste uniquement par négatif des actes répréhensibles


- Punition-signe
Elle agit en complément avec la punition expiation. C’est la marque de la faute. Elle est indissociable de la publicité : elle est communication elle doit être visible de tous. Son meilleur exemple est le bonnet d’âne. Et pour figurer la relation de complémentarité avec la punition expiation mentionnons que le passage du fouet laisse cette marque vue, montrée et crainte. Elle signe aux autres « non pénitents » le prix et le poids de la transgression

- La punition exercice
Elle n’est pas brutale mais pénible. Cette punition devient plus personnalisée. L’exercice, la tâche met le travail en plus haute valeur mais peut s’appliquer à toutes les déviances. Si la punition expiation est une transgression de la loi, l’exercice punit généralement l’anomalie sociale.
La durée de l’exercice, le nombre d’exercice à effectuer est plus punitif que l’exercice en lui-même. Il n’est généralement qu’extrait de la vie quotidienne de l’élève.

- La punition bannissement
Le bannissement, le renvoi est aussi une punition signe. Elle est beaucoup plus personnelle que celle-ci : elle exclut du regard. Le sujet n’a pas être supporté.
Une donnée fondamentale également, elle ne corrige pas, elle évacue le problème dans l’espoir qu’il se réglera de lui-même
Elle présente l’avantage de ne pas être contagieuse (le sujet est mis en quarantaine)
Pas de graduation


III- Pratiques punitives actuelles

Les IO interdisent le châtiment corporel quel qu’en soit la cause. Seul est autorisé l’isolement sous surveillance. Il convient pourtant de faire respecter l’ordre et la discipline. Un sondage de la pratique réelle a été menée auprès de 600 instits et de 300 Enfants à la fin des années 80.

Préconisations officielles avant 1980 :

Ø " L’une des obligations essentielles de l’instituteur est de faire respecter l’ordre et la discipline en classe. " Arrêté du 23 novembre 1971
Ø Arrêté du 26 janvier 1978
« Aucune sanction ne peut être infligée. Seul est autorisée l’isolement sous surveillance d’un enfant momentanément difficile pendant un temps très court… »
« …Tout châtiment corporel pour quelque cause que ce soit est strictement interdit. Aucune sanction ne peut être infligée à un élève pour une insuffisance de résultats… »

A la question : quelles punitions avez-vous déjà infligées ?
Les enseignants répondent :

1)travail à refaire : 82%
2)réparations diverses : 79%
3)privation de récréation (éventuellement sous forme d’isolement dans un coin de l’aire de jeu) : 73%
4)mise à l’écart (couloir, autre classe) 73%
5)réprimandes (gronderie, dispute) 68%
6)lignes d’écriture, verbes à conjuguer (notons que les lignes ont souvent un caractère moral « je ne dois pas… » et les verbes vise une action prohibée 56%
7)recours aux parents 51%
8)piquet de la classe 48%
9)confiscation 46%
10)fessée 44%
11)punitions corporelles en groupe avec la gifle (15%) coup sur la main (15%)

Les élèves de CP affirment pour 90% d'entre eux que les maîtres donnent des fessées ou d'autres châtiments corporels
12)placement temporaire chez le directeur
13)travail supplémentaire 41%
retenue après la classe 35%
privation d'une activité (généralement ludique, pas comme un cours de grammaire) 32%
feindre le désintérêt (privation affective, rejet du maître), 29%
mauvais points 28%
privation d'une récompense déjà attribuée 22%
exclusion temporaire (en Gal 3jours)
punition humiliante: mains sur la tête, bonnet d'ânes 2%: a peu près exclu des déclarations des maîtres
imposition caricaturale (ruban adhésif pour les bavards, attachés pour les agités 3.5% chez les maîtres mais 24% chez les CP
gros écart entre les préconisations officielles et la réalité

les variables: on note qu'en fonction du niveau, les sanctions diffèrent
-chez les petits: les punitions sont directes, brèves et concrètes
-chez grands: plus grande valeur morale, plus facilement différée

dans le questionnaire on demande aux maîtres ce qu'ils ont vu pratiquer dans leurs écoles. Mais quand on leur demande ce qu'ils pratiquent eux-même, les proportions baissent de moitié ce qui montre le véritable tabou engagé dans la sanction scolaire. Ainsi 75% des maîtres déclarent que les sanctions sont peu fréquentes, en contradiction totale avec ce qui est déclaré par les élèves. Il convient donc de prendre le juste milieu

a la question, d'où vient sa conception de la punition et de la discipline . Les maîtres répondent:
92% issue de leur caractère « souple » ou le « sévère mais juste »
87% de ses conceptions de l'élève: c'est l'élève lui-même qui s'écarte du modèle (modèle qui peut éminemment varié)
61% son état de fatigue
51% de l'éducation qu'il a lui même reçu (c'est à dire d'au mieux 30 ans)

même si elle ne fait pas l'unanimité, la composante sadique de la punition ne saurait être effacée. Ainsi, 40% des maîtres prennent plaisir à faire de la discipline. Les élèves déclarent que 35% des maîtres aiment punir

efficacité de la punition
Ø 51% des maîtres pensent qu'elles sont peu nécessaires voire inutiles et leur très large sentiment est qu'elle ne règle pas les véritables problèmes.
Ø Pire, du côtés des élèves, les effets y seraient nuls voire compliquent encore le problèmes: 31% des E pensent que certains E prennent plaisir a se faire punir et 61% aiment voir les autres puni

Préconisations officielles de 2000 (extrait du BO)
Les IO distinguent les punitions scolaires (« manquements mineurs aux obligations des élèves, et les perturbations dans la vie de la classe et de l’établissement ») des sanctions disciplinaires (« concernent les atteintes aux personnes et aux biens et les manquements graves aux obligations des élèves »)
Ø « Les punitions infligées doivent respecter la personne de l’élève et sa dignité : sont proscrites en conséquence toutes les formes de violence physique ou verbale, toute attitude humiliante, vexatoire ou dégradante à l’égard des élèves. Il convient également de distinguer les punitions relatives au comportement des élèves de l’évaluation de leur travail personnel. Ainsi n’est-il pas permis de baisser la note d’un devoir en raison du comportement d’un élève ou d’une absence injustifiée. Les lignes et les zéros doivent également être proscrits »
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cécile.d



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MessageSujet: les punitions (notes pour un exposé suite)   Mar 5 Avr à 22:05

efficacité des punitions:
les instituteurs et tout l'environnement pédagogiques constate que l'efficacité des punitions est quasi nulle: la majorité des punitions sont distribuées à un petit nombre d'élèves particulièrement fatiguant. Le nombre ou la sévérité n'arrange pas tellement. C'est un processus qui se réactive sans cesse et qui ne se clôt généralement qu'à la fin d'année par l'éloignement des « belligérants »
petit aparté: les scientifiques ont faits quelques expériences de reproductions sociales et de mise en place d'une organisation rapide. Mise en place d'un dispositif de deux plates formes coupés par une piscine. D'un côté les rats et de l'autres la nourriture. Pour se nourrir, les rats doivent traverser la piscine et ramener leur nourriture de l'autre côtés afin de pouvoir commencer à grailler. On met six rats ensemble. Ils se battent toute la nuit durant. Au matin, apparaît une forme d'organisation sociale qui ne changera plus. Deux dominés: qui traversent la piscine, mais ramassent une trempe par les dominés, sont obligés de retourner pour aller chercher leur propre nourriture une fois les dominés repus. 2 dominants. 1 indépendant qui va chercher sa nourriture mais est assez fort pour défendre sa nourriture. Et 1 souffre-douleur, qui prends tous les coups, n'est même pas capable d'aller chercher sa nourriture. En prenant six autres rats on retrouve, la même configuration et ainsi de suite. Puis on complique et en prenant que des dominants, même schéma. Idem pour les dominés
cet exemple un peu long n'est pas pour identifier un groupe social comme une classe à une arène mais pour montrer qu'une certaine organisation sociale se met très vite en place au sein de la classe, les bons élèves restent bons élèves et font tout pour le rester. Mais c'est surtout chez les « mauvais » élèves que s'ancrent cette réalité. N'ayant pas toujours les moyens de se distinguer par des bonnes notes, l'indiscipline leur permet de trouver une place, de se forger une identité à laquelle ils tiennent. (ce qui explique la forte proportion des élèves aimant se faire punir et non par volontés masochiste)
il demeure au sein du groupe-classe toujours un ou deux bordéliques dans une classe qui doivent être comme ça pour exister et vont tenir leur rôles
la punition peut être prise comme une atteinte personnelle et trouvera comme réponse la violence (largement médiatisée). Cette violence se dirigera vers l'adulte (et sa voiture dans les collèges et lycées) mais aussi et surtout envers les locaux


IV- Fins et principes relatifs à la punition

Citation de Marcel Conche : « L’action de punir, comme toute action ne se justifie que s’il en résulte quelque chose de bon. Si l’enfant doit être puni, c’est seulement dans la mesure où l’action de punir peut être intégrée à l’œuvre d’éducation »

Les fins que la punition devrait poursuivre : elles sont au nombre de 3

- une fin éthique :
La sanction doit être tournée vers la société, le groupe social et l’élève. L’institution scolaire apparaît comme un lieu d’apprentissage et de formation, un lieu où l’on s’exerce et où l’on exerce ses compétences. Dans cette perspective, la transgression participe à la construction de l’être socio-moral. L’élève, en transgressant les règles, met à l’épreuve la fiabilité de l’environnement social. C’est pourquoi, l’élève doit être sanctionner de manière à ce qu’il devienne un sujet responsable

- une fin politique
La sanction vise à rappeler la primauté de la loi, l’importance des règles sociales dans le groupe. L’enseignant doit renoncer à son pouvoir pour devenir le garant d’une loi à laquelle il est lui-même soumis. Toute infraction mettant en péril l’existence sociale du groupe, l’éducateur rappelle la loi pour préserver l’identité et la cohésion du groupe

- une fin sociale
Sans la sanction, l’enfant peut être amené à persévérer, à faire plus mal et à se faire plus mal. La punition vise alors à socialiser les pulsions, à réorienter un comportement pour renouer le lien social que la transgression a défait. La victime est restauré dans sa dignité et dans sa puissance d’agir, elle retrouve sa place

>> les fins sociale, politique et éthique confèrent à la sanction sa positivité

Pour ce faire, la sanction doit :
· ne jamais être motivée par la colère
· être proportionnée à la faute, aux circonstances et au degré de responsabilité
· être approuvée par le coupable et la classe
· être juste et équitable
· être respectueuse de la personne
· avoir une fonction déculpabilisante et rassurante

La sanction doit répondre à 4 principes structurants :
- elle doit faire sens, c’est pourquoi elle appelle la parole : il faut revenir sur la transgression et ses conséquences, écouter, expliquer, s’assurer que la sanction est comprise. Mise à distance de la transgression
- elle doit être objective : seul l’acte particulier est condamné, non l’intégrité de la personne. Les procès d’intention, les effets d’étiquetage et la stigmatisation ont tendance à enfermer le fautif dans une nature et à le condamner à la réitération
- elle doit s’appuyer sur la frustration : il s’agit de priver le fautif des avantages de la communauté (interdiction d’activité, mise à l’écart temporaire)
- elle doit répondre à un principe de socialisation : la sanction doit s’accompagner d’un geste du coupable à l’attention de la victime ou du groupe, un geste de bonne volonté qui manifeste le souci de rester solidaire. Le coupable doit y être invité (ex : lettre d’excuses)

>> la sanction ne doit jamais être passive, elle doit s’inscrire dans une dynamique de reconstruction du lien social


Remarques supplémentaires :

un zéro est particulièrement humiliant puisqu'en général est totalement arbitraire et a pour répercussion la pensée que toutes les autres notes sont arbitraires. Qui plus est est interdit par les IO


(petit retour): sur les lignes et les verbes à conjuguer. En les infligeant, l'élève associe le caractère désagréable de l'écriture. Il paraît difficile ensuite de voir l'élève s'engager dans des activités de production d'écrit ou de conjugaison avec enthousiasme
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