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 Le sens des mots : "Autorité"

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Mathieu Kessler
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MessageSujet: Le sens des mots : "Autorité"   Jeu 23 Sep à 17:10

Recueil de définitions, réflexions sur les définitions & éclaircissements au sujet des concepts : questions et réponses, bien entendu.

- Fil de discussion sur le du mot "autorité", sur le forum "Debat-dEcole" :
http://debat.ath.cx/viewtopic.php?t=137&start=0


Dernière édition par le Dim 2 Oct à 12:42, édité 5 fois
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Nadia Chesneau



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Date d'inscription : 29/09/2004

MessageSujet: Re: Le sens des mots : "Autorité"   Ven 29 Oct à 19:26

Voici un texte que j'avais écrit à l'occasion du débat National, et qui tente d'éclaircir la différence entre autorité et autoritarisme:

AUTORITE ET AUTORITARISME
DOMINATION/ RAPPORTS DE POUVOIR / ABUS DE POUVOIR / RESPECT/ COLERE :

Quand on dit de quelqu’un qu’il fait « autorité » dans son domaine, cela sous entend qu’on le respecte (dans ce domaine), qu’il n’est pas contesté. Cela ne sous entend aucun « autoritarisme », et que cette position qu’il occupe est librement acceptée par …. tous ceux qui ont un projet commun avec lui, des pairs. Ex : un scientifique reconnu par d’autres. J’y vois l’autorité comme une compétence dans le domaine en question.

Voici quelques réflexions pour préciser les rapports entre

RAPPORT DE DOMINATION, RAPPORT DE POUVOIR :
Qu’est ce qui fait dire qu’il y a un rapport de domination dans une situation ? (à opposer à un rapport d’autorité sain).

C’est quand l’un des deux protagonistes, use d’une position qui lui a été donnée à son profit. Il y a donc abus de pouvoir.

Dans le cas qui nous intéresse (la relation prof-élève) :
 Si c’est le professeur, cela peut vouloir dire qu’il assouvit un besoin… peu avouable.
Cela doit certainement arriver, mais peut être rarement tout au début, plutôt après, lors de dérapages, quand c’est déjà mal engagé.
 Si c’est l’élève qui « domine » ou tente de le faire, ça peut être utiliser le cours et le groupe pour en tirer des bénéfices personnels, par exemple un public pour se faire valoir.…etc..

Le plus souvent, simplement, un ou des élèves se comportent dans le groupe comme s’ils étaient seuls (bavardages, etc…). Il n’y a pas de désir de domination, mais quand le professeur va intervenir, ils ressentiront mal cette intervention, tout simplement parce qu’elle s’oppose à leurs désirs immédiats.
Il y a alors sans doute prise de pouvoir du professeur, mais non pas, à priori abus, car la fonction du professeur implique d’être le garant de la bonne marche du groupe : il fait partie de ses compétences relationnelles d’arriver à rétablir « l’ordre »..
Les élèves peuvent alors, pour continuer à fonctionner dans leurs désirs immédiats, s’opposer à ce pouvoir, ou tenter une « prise de pouvoir » en clamant leur sentiment d’injustice, etc….. C’est parfois sincère (on ne leur a pas appris à différer la satisfaction de leurs désirs, ou bien ils se sentent injustement soumis à cette situation scolaire qui ne leur convient pas et dont le sens leur échappe totalement).

Parfois c’est simplement une manipulation, une petite transgression pour voir ce que fait le prof, chercher les limites de sa compétence……. un jeu qui a aussi rapport avec la confrontation que l’enfant recherche avec l’adulte pour trouver ses limites et se construire.

ALORS SE CONSTRUIT UN RAPPORT DE FORCES, CARACTERISE UN MANQUE DE RESPECT DE CHACUN DES DEUX PROTAGONISTES ENVERS L’AUTRE.


NON RESPECT :
Le prof peut ressentir de l’irrespect :
 En tant que personne.
 En tant que prof .
De toutes manières si la situation devient trop conflictuelle, c’est que l’élève cherche à le déstabiliser personnellement et en même temps à faire obstruction à sa fonction, il cherche à travers le rapport de force à faire basculer les positions.

Celui qui se sent (à tort ou à raison) dominé (l’élève dans ce cas) utilise pour cela une ou plusieurs méthodes: mépris, incivilités répétées, insolence, injures, violence physique……….

Le rapport se résout mal quand la paix n’est rétablie que si l’un des deux est vaincu, soumis, donc blessé. (Mais cela paraît parfois inévitable).


LA COLERE :
Face à ce sentiment d’irrespect éprouvé par le prof, une émotion juste, (cohérente avec la situation), c’est la colère.
Il ne faut absolument éviter de se mettre en colère sans arrêt (les élèves adorent ! ! !) ni prendre la colère comme un moyen de régler des situations conflictuelles : elle signale l’impuissance à régler le problème, c’est à dire précisément l’échec de la situation.
Mais :
La colère est l’émotion juste dans ce cas, il vaut parfois mieux s’en servir que l’éviter à tout prix : elle est un signe clairement perceptible (non verbal), que des limites ont été franchies , au niveau personnel : elles indiquent une souffrance.
L’enseignant doit alors sentir sa colère comme le signe qu’il faut réaliser une rupture (crise) avec cette relation personnelle en échec, pour revenir sur une situation cohérente avec les lieux (l’école etc…) : dépersonnaliser, recentrer.

Deux façons d’utiliser sa colère :
 De la mauvaise façon : en rentrant dans le jeu du rapport de pouvoir : afficher du mépris, insulter, menacer les élèves de ce qui sonne comme une vengeance personnelle. Ça peut être efficace, mais le risque c’est que l’élève ne se sente pas respecté etc…. ça va repartir….. peut être de plus belle.
 Une autre façon, plus positive, pourrait être de dire clairement ce qu’on ressent : « Je ne supporte pas que…. » « Je suis très en colère parce que …. », (parler à la première personne, ce qui évite une agression frontale). Dire ce que l’on attend de l’élève et puis sortir du personnel pour rappeler notre fonction dans le groupe et ce à quoi cette fonction nous autorise . (dépersonnaliser le conflit). Cela revient rappeler la position que chacun devrait avoir.
Montrer que ce n’est précisément pas un rapport de domination qui est recherché par le prof.
Ensuite rappeler les sanctions prévues.

Puis sans état d’âme excessif, sanctionner.

SANCTIONNER :
Si la sanction a été amenée comme cela, il y a des chances qu’elle ne soit ressentie ni comme un règlement de compte ni comme une vengeance personnelle, mais comme une mesure que le professeur a prise dans l’espoir d’obtenir un résultat. Cela n’implique pas que ça va passer facilement: mais après le moment désagréable, ça permettra peut être une distanciation……..

Il faut aussi faire comprendre que la sanction est réparatrice : « une fois accomplie, nous repartons à zéro sur de bonnes bases car tu as payé , nous ne nous en voulons donc pas l’un à l’autre».

STYLE RELATIONNEL et IMPORTANCE DES OUTILS :
Nous disposons tous d’un style relationnel personnel qui est l’ensemble des positions de dominance, ou d’égalité que nous adoptons spontanément dans les diverses situations que nous rencontrons dans notre vie.
Ce positionnement dominant/dominé remonte très loin: probablement avant la préhistoire, du temps de nos lointains ancêtres primates. Puis cela s’est transmis sous de multiples formes à travers les sociétés, en particulier à l’intérieur des familles.

Les enseignants comme tous les autres, ont eu des parents par forcément très cohérents ni très clairs au niveau de l’autorité et du respect de l’autre.

De cela il peut nous rester, contre notre gré, et même très conscients, des automatismes de comportements difficiles à maîtriser. D’autoritarisme. Ou encore des comportements de malaise dans certaines situations de classe. Des failles, des fragilités.

IL EST DONC INDISPENSABLE D’AVOIR UNE CLAIRE COMPREHENSION DE CE QUI SE JOUE DANS LA RELATION PEDAGOGIQUE

AINSI QU’UN ENSEMBLE D’OUTILS QUI PERMETTENT DE CADRER NOS COMPORTEMENTS POUR EN EVITER LES DERIVES SPONTANEES.



Nadia Chesneau,
Janvier 2004.
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Nadia Chesneau



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MessageSujet: Re: Le sens des mots : "Autorité"   Ven 29 Oct à 19:30

Dans celui-ci, j'essaie de définir l'autorité du professeur:

QU’EST CE QUE L’AUTORITE D’UN PROFESSEUR ? COMMENT LA SOUTENIR ?

J’ai essayé de transposer l’idée d’autorité comprise comme un compétence reconnue à l’autorité professorale (à la réserve près que les enfants ne sont pas des pairs et qu’il y a un volet éventuellement coercitif dans l’exercice de cette autorité).

1. AUTORITE INSTITUTIONNELLE (= positionnelle), nécessite un soutien institutionnel sous forme de règles, sanctions, etc.

2. RECONNAISSANCE DES COMPETENCES (autorité acquise face aux élèves), celle-ci peut se « diviser » en :
 Compétence disciplinaire (compétence dans la discipline enseignée).
 Compétence didactique (compétence à transmettre les connaissances et les méthodes).
 Compétence relationnelle (= à gérer les individus)
 Compétences techniques (= à utiliser les outils. Ex. projecteurs, caméras, ordinateurs, outils de duplication etc.).

Je me concentrerai plutôt sur la compétence relationnelle et la compétence didactique :

COMPETENCE RELATIONNELLE :
 Fixer à l’intérieur de la classe des règles et des limites (et les sanctions en cas de manquement), (à propos), le plus clairement possible (transparence), le plus justement possible (équité). Cela suppose de la rigueur.
 Appliquer avec calme et sans agressivité les sanctions. Eviter de transformer les sanctions en règlement de comptes personnels : dédramatiser, dépersonnaliser les conflits. La sanction est réparatrice, donc pas de rancune ni d’un côté ni de l’autre. Cela suppose de comprendre l’élève, de le lui faire sentir, mais comprendre ne veut pas dire excuser. Là encore il faut de la rigueur et de la clarté.
 Etre bienveillant, avoir une attitude positive envers les élèves : cela suppose des qualités d’écoute, donc pas de rigidité, être capable de moduler ses attitudes, pas de carcan comportemental, de l’ouverture d’esprit à autrui, et le respect de la personne de l’élève (quand on se sent compris, on se sent davantage respecté).

COMPETENCE DIDACTIQUE :
 Fixer des objectifs clairs, accessibles (possibles à atteindre), assurer un guidage pédagogique.
 Produire des outils didactiques, des supports d’activité et des situations d’enseignement adaptés aux objectifs. Cela suppose une réflexion personnelle sur les savoirs, les programmes, la didactique de la matière etc., une culture personnelle sur les méthodes à utiliser pour atteindre les objectifs (cohérence buts/moyens).
 Investissement personnel : Faire le maximum pour les élèves qui souhaitent atteindre ces objectifs. Cela suppose de la disponibilité et des moyens matériels (salle, équipements, effectifs de classe).

Tout ça ne peut cependant fonctionner que si il y a déjà, avant d’enter en classe au début de l’année, et même si ce n’est que confusément pour les élèves, un projet commun au professeur et aux élèves, qui est pour partie un projet personnel de l’élève et de sa famille, soutenu par un projet social qui donne à l’école une place reconnue dans la société.

Au total, assumer la fonction de LEADER POSITIF DU GROUPE, c’est-à-dire faire de la relation pédagogique une relation d’aide et de confiance.

LEADER POSITIF = INDIVIDU CAPABLE DE FEDERER LES ENERGIES AUTOUR D’UN PROJET COMMUN.

Nadia Chesneau,
Janvier 2004
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Nadia Chesneau



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MessageSujet: Re: Le sens des mots : "Autorité"   Mer 3 Nov à 19:50

tentatives d'insertion de Schémas d'accompagnement:


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Nadia Chesneau



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MessageSujet: Re: Le sens des mots : "Autorité"   Sam 27 Nov à 1:02



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Mathieu Kessler
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MessageSujet: Re: Le sens des mots : "Autorité"   Dim 2 Oct à 12:36

Pour un meilleur affichage, cliquez sur le lien suivant :
http://www.orleans-tours.iufm.fr/ressources/ucfr/philo/m_kessler/variante_chesneau.doc
(également accessible à partir des "Variantes" de l'outil de vie scolaire (pour y accéder, cliquez sur le bouton "www" ci-dessous).
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MessageSujet: Re: Le sens des mots : "Autorité"   Aujourd'hui à 20:40

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